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Conquérir la Catalogne en courant

De l’expérience, il en avait à revendre. Il s’y était tout de même préparé comme un pro. L’enthousiasme était au bout du (très éprouvant) chemin. La Barruera de la Vall de Boí en Catalogne, tel est le décor du périple dans lequel s’est lancé cette année notre compatriote Dirk Van Spitaels : les 105 km du Buff Epic Trail. Comment a-t-il abordé et est venu à bout du trail run dans et autour du Parc national d’Aigüestortes et lac Saint-Maurice ? Ce récit d’ambiance vous en dévoile les hauts et les bas !

Le Buff Epic Trail de Dirk

Dirk a laissé à d’autres le soin de parcourir les parcours de 21 et 42 km. « À fond les semelles pour les 105 km », s’est dit le pompier de profession qui a fait de la course à pied son autre activité tout feu tout flamme. « Je m’attendais à un environnement splendide où je me sentirais léger comme un bouquetin dans les montagnes… et je n’ai pas été déçu. Avec des montagnes infranchissables à première vue, des falaises vertigineuses et des descentes supertechniques. Autant de défis qui suscitaient en moi quelque appréhension, mais que j’avais également très envie de relever. »

 

Mon enthousiasme m’a même donné des ailes au cours des premières heures. « J’ai l’habitude de démarrer à un rythme plutôt soutenu. La première ascension s’est bien passée, la première descente également. Et j’entamais ainsi, débordant d’enthousiasme, la deuxième ascension, située à mi-chemin du parcours. Mais j’avais perdu toute notion du temps. Nous avions démarré il y a plus de cinq heures déjà et je n’avais encore mangé qu’un biscuit et deux figues. La fringale m’est donc tombée dessus. J’ai eu beau manger encore quelque chose, le mal était fait. » Les affres de la faim. Le coup de bambou. Une erreur de débutant. Commise par un coureur de fond aussi aguerri. « Une faute impardonnable. Une erreur que je ne commets jamais d’habitude. Je m’en voulais tellement que j’ai dévalé la pente trop vite. Résultat : suite à ce faux pas alimentaire, je me suis pris une gamelle. »

Mindful running

C’est ici que le mindful running vous donne les ressources de vous sortir de ce mauvais pas. Le mindful running consiste en effet à utiliser de la manière la plus efficiente possible l’énergie présente dans votre corps. « J’ai donc consacré le peu d’énergie qui me restait à atteindre vaille que vaille le poste de contrôle suivant. Là, j’ai « refait le plein » littéralement. Sandwiches, soupe… j’ai avalé tout ce que je pouvais. J’ai même téléphoné à mon épouse pour me remonter le moral, que j’avais dans les chaussettes. Fort de ses encouragements, j’ai repris la route pour m’attaquer à une nouvelle ascension jusqu’à ce qu’on annonce que la course s’arrêterait après 75 km en raison d’une tempête qui avançait dans notre direction. » Une déception au moment même, mais, à la réflexion, une bonne et sage décision.

 

« Si je me suis senti déçu et frustré dans un premier temps, j’ai conscience à présent d’avoir vécu une expérience phénoménale. Je n’avais jamais souffert autant durant une course. Et c’est cool de savoir que la pulsion de survie peut nous faire, si pas déplacer, au moins gravir des montagnes. Il faut finir la course, coûte que coûte. C’est dans un tel moment que vous voyez de quel bois vous êtes fait. »

Dirk Van Spitaels

Dirk Van Spitaels est un pompier de 44 ans

… qui court depuis qu’il a 12 ans

… et se souvient de The Legends 250 km comme de son plus long trail run jusqu’à présent

Cette année, Dirk prévoit encore de participer à The BERGischer Ultra (245 km)

… et rêve de The Montane Spine Race (450 km) dans un proche avenir.