© Niels Schenk

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Comment le surf aide les enfants atteints du syndrome de Down et d’autisme

Aux Pays-Bas, dans le cadre du Surf Project , les enfants atteints du syndrome de Down, d'autisme ou TDAH apprennent à surfer. Cette activité influence positivement leur bien-être physique et mental. Nous avons rencontré deux jeunes surfeurs et leurs parents. « Le surf a fait de lui un autre enfant. »


Diagnostic : autisme

Au large de la côte de Camperduin, Quinten, 9 ans, se redresse sur sa planche de surf. Une forte vague l'emporte et le fait vaciller un instant. Mais Quinten garde son équilibre et reste debout. Son regard brille et ses yeux se remplissent de fierté. Il l'a fait ! Dans l'eau, ses accompagnants l'encouragent tandis que sur la plage, sa mère Jantien et son père Steven l'acclament.

 

Jantien savoure ce moment. « Lorsque Quinten se tenait là sur sa planche, dit-elle, je ne l'ai jamais vu aussi fier de sa vie. Tant de confiance en soi, tant d'estime de soi. Tellement joyeux et sans angoisse. Je ne trouve pas les mots ».


Lorsque Quinten se tenait là sur sa planche, dit-elle, je ne l'ai jamais vu aussi fier de sa vie. Tant de confiance en soi et d'estime de soi. 

(Jantien, mère de Quinten, un enfant autiste)


© Anick de Groot


Ce qui précède est loin d'être une évidence pour Quinten qui a été diagnostiqué autiste à un jeune âge. Tout petit, il a développé une obsession pour les boutons, les étiquettes de vêtements, les ascenseurs et les panneaux de signalisation. « Si nous passions devant un tel panneau, je devais lui expliquer ce qu'il signifiait », dit Jantien. « Si je ne le faisais pas, il paniquait complètement. Je devais alors revenir sur nos pas pour lui expliquer. »

 

Les problèmes de Quinten se sont aggravés à la naissance de sa petite soeur, Zoë. La situation avec leur fils, âgé de 3 ans et demi, devient alors ingérable. Les pleurs d'un bébé le mettent dans tous ses états. Pareil lorsque la femme de ménage allume soudainement l'aspirateur. « Les mauvais jours, il avait une vingtaine de ces crises. »

 

À l'école, Quinten se glisse sous son bureau tout en se couvrant les oreilles avec ses mains. Ou bien il sort de la classe, loin du bruit, et se cache dans un endroit tranquille. Sa grande peur de l'échec fait de l'apprentissage de la lecture un désastre. Jantien : « S'il ne réussit pas à faire quelque chose dès la première fois, il pense qu'il n'y arrivera jamais. Cela déclenche chez lui une telle panique qu'il faut le retenir jusqu'à ce qu'il se calme. »


À la recherche d'un sport adapté

Jantien et Steven réalisent l'importance de l'activité physique pour Quinten. Ils se lancent donc à la recherche d'un sport adapté. Pour un enfant autiste, c'est loin d'être évident. Il ne peut pas participer au cours de gym à l'école, c'est trop bruyant. « Nous avons pour ainsi dire envisagé tous les sports ». « J'ai demandé à tous les clubs s'ils étaient prêts à accueillir Quinten. »

 

Quinten s'est d'abord essayé à l'athlétisme. Mais sur la piste, il était tellement surexcité qu'il ne suivait plus les consignes. Après deux entraînements, le club a fait savoir qu'il n'était pas en mesure d'accueillir un enfant autiste dans ses rangs. Cela nécessitait trop d'énergie.

 

Et la natation ? Les leçons de groupe s'avèrent vite impossibles. Les cris des autres enfants qui résonnent constituent un vacarme assourdissant pour Quinten. Seule option : des leçons privées dans une piscine... vide. Mais cela coûte très cher. « En plus, Quinten a peur de l'eau », dit Jantien. « Chaque semaine, je me rendais avec lui à la piscine pour lui apprendre à surmonter cette peur. Un orteil d'abord, puis deux orteils la semaine suivante. »

 

Le médecin généraliste de Quinten conseille alors à la famille de quitter Amsterdam, et cela va constituer un véritable tournant. Selon le médecin, la ville est tout simplement trop oppressante pour lui. Trop chaotique, trop écrasante, trop stimulante. Malheureusement, Jantien et Steven ne trouvent pas d'endroit en dehors de la ville qui leur permette à tous deux de se rendre facilement au travail.

 

L'alternative : une maison de campagne près de la plage de Camperduin. Un coin tranquille de la Hollande du Nord où l'on se retrouve plus souvent coincé derrière un tracteur que dans un embouteillage. La vie trépidante à 200 km/h d'Amsterdam cède la place à un havre de paix au milieu des dunes. Zéro stimulus.

 

Ne dit-on pas que le hasard fait parfois bien les choses ? Au cours d'une promenade sur la plage, il y a deux ans, la famille passe devant une cabane, enfouie dans le sable. Ils engagent la conversation avec l'occupante des lieux.

 

« Par hasard, vous ne proposeriez pas des activités pour les enfants autistes ? » demande Jantien.

« Eh bien, il se trouve que oui ».


© Niels Schenk



Des surfeurs atteints de trisomie 21, de TDAH ou d'autisme

La famille de Quinten a en fait découvert la cabane du Surf Project. Sur quatre sites aux Pays-Bas, cette organisation initie les enfants atteints du syndrome de Down, de TDAH ou d'autisme à la pratique du surf. Trois week-ends de suite, ils se réunissent pour s'attaquer à la mer du Nord, placés sous la supervision individuelle de passionnés de surf bénévoles. Le mot d'ordre est de s'amuser et pas tant de surfer.

 

À l'initiative de ce projet, on retrouve Suzanne van den Broek, psychologue du développement et amoureuse du surf, qui espère ainsi améliorer le bien-être physique et psychologique des enfants. Le corps et l'esprit, mens sana in corpore sano.

 

En collaboration avec une équipe de psychiatres et de psychologues, le Surf Project étudie l'effet du surf sur les enfants. Son influence positive se manifeste souvent après seulement trois leçons. Ce n'est pas pour rien que des spécialistes britanniques envoient des enfants qui souffrent d'un trouble du développement en thérapie par le surf.



© Patricia de Koning

Une petite présentation ? Surf Project

•    Créé en 2014.

•    Pour les enfants et les adolescents (8 à 18 ans) atteints du syndrome de Down, d'autisme et de TDAH.

•    En quatre endroits de la côte néerlandaise : Zandvoort, Ouddorp, Camperduin et Ter Heijde.

•    Inspiré du Wave Project, un concept similaire qui connaît le succès au Royaume-Uni depuis 2010.

•    Les participants paient 45 euros pour trois leçons. Le reste est financé par le biais de parrainages, de subventions, de fonds et de dons.

•    Affilié à The International Surf Therapy Organization, un réseau mondial d'organisations qui exploitent le surf comme forme de thérapie.



Un autre enfant

Quinten a fait le grand saut. La première fois, il est extrêmement tendu. Pour un enfant autiste, il est difficile d'essayer quelque chose de nouveau. Ses parents le préparent mentalement depuis des semaines pour ce grand moment.

 

Le garçon n'est pas le seul à être nerveux. Jantien et Steven sont également pleins d'appréhension. « Ma crainte, c'était qu'il fasse une crise en pleine mer », explique Jantien. « L'approche professionnelle du Surf Project a largement dissipé mes inquiétudes. »


L'angoisse de Quinten disparaît quand il rencontre Thomas, un grand gaillard musclé qui sera son accompagnant. Il lui explique dans les moindres détails ce qui va se passer.

L'angoisse de Quinten disparaît quand il rencontre Thomas, un grand gaillard musclé qui sera son accompagnant. Il se sent tout de suite en sécurité. Et Thomas possède une patience d'ange. Il ne saute pas une seule étape, aussi petite soit-elle. Thomas explique dans les moindres détails ce qui va se passer. Jantien : Nous appelons cela les « sous-titres ». Ainsi, toutes les surprises sont exclues. »

 

Deux semaines après cette première leçon inconfortable, Quinten lui-même est impatient de retourner à l'eau. « Lors de la remise des diplômes de surf, il a pris le micro et fait des blagues », explique Jantien. « C'était un autre enfant. »


Accro au surf

Dans l'intervalle, Quinten est devenu accro au surf. Après avoir pris des cours particuliers avec Thomas, il veut maintenant aller dans l'eau avec son père aussi souvent que possible. Sa propre planche de surf n'a jamais l'occasion de prendre la poussière. « Même en octobre, il était encore dans l'eau. Et maintenant, il attend avec impatience les jours plus chauds », dit Jantien. Quand on lui demande pourquoi il aime tant surfer, Quinten répond : « Parce que c'est chouette. »


© Anick de Groot


Il est moins anxieux à l'école. Il perçoit aussi mieux quand il est proche de la crise. Il se retire alors dans sa chambre, avec des écouteurs insonorisés sur les oreilles, et lit des histoires de Donald Duck. Ou alors, il dessine des formes géométriques avec une précision mathématique, sa façon d'apaiser son esprit. Jantien : « Quinten est plus heureux et mieux dans sa peau. Le regain de confiance en soi grâce au Surf Project a des retentissements dans d'autres domaines de sa vie. » 


Pas un foot boy

Une demi-leçon, c'est le temps qu'a pu tenir Tijs, 12 ans, dans l'eau la première fois. Tijs, atteint du syndrome de Down, éprouve des difficultés à essayer de nouvelles choses. « Il dit alors très rapidement « non » ou « je ne peux pas faire ça », explique sa mère Marjan. Comme ce samedi de septembre, il y a deux ans. Tijs est fatigué et il en a assez. Et il est suffisamment têtu pour ne pas être ouvert à la discussion.

 

Marjan et Dick, les parents de Tijs, se demandent pourquoi ils sont là, sur la plage de Ter Heijde. Ils se mettent à douter. Le font-ils pour l'enfant ou pour eux-mêmes ? Et ont-ils fait tout ce chemin depuis Dedemsvaart ce matin pour cela ? Le trajet depuis l'est des Pays-Bas a duré plus de deux heures.

 

Ils cherchent depuis un moment déjà un sport idoine pour Tijs. Il y a peu de clubs sportifs adaptés dans la région. « On débarque vite dans un club de foot pour enfants en situation de handicap, mais Tijs n'est pas du tout un footeux », explique Marjan. Quand elle a vu apparaître le Surf Project sur Facebook, ce fut comme une révélation. « Nous avons pensé que le surf pourrait vraiment convenir à Tijs. » En plus, Marjan et Dick apprécient aussi l'air salin de la mer. Tijs se détend complètement dans la nature. En outre, son frère Stef et sa soeur Nine adorent jouer dans le sable.

 

Lorsque Tijs se rue hors de l'eau à la moitié de la leçon, les parents pensent que tout est à recommencer. Retour à la case départ. Pas étonnant que les parents de Tijs doutent de leur décision. Mais ils pensent alors ensuite à la rencontre avec un volontaire originaire du Limbourg néerlandais. Et leurs doutes s'estompent. « Ça peut paraître fou de rouler plus de deux heures pour venir jusqu'ici, mais le temps et l'énergie que ces accompagnateurs consacrent aux enfants, c'est vraiment exceptionnel », dit Marjan.


S'amuser avec les bénévoles

Deux moniteurs accompagnent Tijs dans l'eau. Denis, d'Anvers, lui enseigne les rudiments du surf tandis qu'Evitha lui apprend à prendre les vagues. Leur accompagnement n'est pas seulement physique, il est aussi mental. Et ils découvrent assez vite le mode de fonctionnement de leur petit élève.

 

Tijs aime chanter. Des chansons pour enfants, des tubes populaires : ils sont tous passés en revue sur la planche de surf. Et les accompagnateurs chantent à tue-tête. « C'est ainsi qu'ils ont pu le motiver », explique Marjan. « Ils se sont bien amusés ensemble. C'était un trio en or. »


© Patricia de Koning  /  © Renee van Marrewijk


Si la première leçon est encore difficile, c'est au cours de la troisième que Tijs découvre le plaisir de surfer. Allongé sur sa planche, il prend une vague. Marjan : « On a alors vu un sentiment de victoire sur son visage. « Je peux le faire ! »

 

Pour des habitants de la partie orientale des Pays-Bas, le surf est aussi exotique que le bobsleigh pour les Kenyans. Tijs est ainsi le seul de son village à pouvoir afficher son statut de surfeur. « Le surf est un sport cool, mais normalement inaccessible pour un enfant atteint du syndrome de Down », explique Marjan. « Il se sent grand quand il évolue au milieu de ces surfeurs bien bâtis. » Dick ajoute : « Quand il porte sa combinaison de surf, il se sent vraiment comme un petit homme. On voit que ça lui fait du bien. »


Le surf est un sport cool, mais normalement inaccessible pour un enfant atteint du syndrome de Down. Tijs se sent grand quand il évolue au milieu de ces surfeurs bien bâtis. 

(Marjan, la mère d'un enfant atteint du syndrome de Down)


© Renee van Marrewijk



Shaka

Tijs combine l'enseignement primaire normal et l'enseignement spécialisé. La confiance en soi qu'il acquiert sur sa planche lui est précieuse à l'école. « Ses enseignants ont remarqué qu'il avait participé au Surf Project », dit Marjan. « Il se comporte de manière plus indépendante et se tient davantage droit. » Il suit depuis peu les cours de gym à l'école, encore une nouveauté maintenant qu'il ose davantage.

 

Ses parents pensent que son assurance accrue est également liée à l'âge. Il quitte en effet petit à petit l'enfance. Mais ils ne doutent pas une seule seconde de la contribution du Surf Project à cet égard. D'autant plus que Tijs fait sans arrêt le « shaka » (geste du surfeur) : il tend le pouce et l'auriculaire et fait une rotation du poignet. Marjan : « Maintenant, lorsqu'il réussit quelque chose, comme quand il a dernièrement obtenu un diplôme de natation, il utilise ce geste. C'est de l'univers du surf qu'il a obtenu ce sentiment de satisfaction. »

 

Il ne fait aucun doute que Tijs continuera de se lancer à la conquête des vagues. Marjan rit et confirme : « Il demande déjà maintenant quand il pourra recommencer à surfer. »



Sports, vacances et camps pour enfants ayant un trouble du développement

Le Surf Project n'est pas le seul à s'adresser aux enfants ayant un trouble du développement. Petit aperçu de l'offre en la matière :

•    La FAL (Fondation Autisme Luxembourg) organise des séjours de vacances pour enfants autistes sur différents thèmes : citytrips, bien-être et sports. Les jeunes de 5 à 18 ans sont accueillis.

•    L’association Back To Sport encadre des personnes à mobilité réduite pour qu’elles prennent part à des défis cyclistes. Les enfants sont les bienvenus.

•    La Croix-Rouge luxembourgeoise organise également des séjours de vacances qui rassemblent des enfants et des adolescents, qu’ils soient valides ou handicapés.


© Anick de Groot

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© Patricia de Koning

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