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Transcontinental Race : Andrea a parcouru 2 000 km à vélo à travers l’Europe

Publié mer. 21 oct.
Notre collègue Andrea a parcouru 2 000 km lors de la Transcontinental Race, une ultra-course en autonomie et autosuffisance à travers l’Europe. Une aventure marquée par des moments forts et une décision difficile.

Andrea Nichelson

Responsable du département voyage à l’A.S.Adventure Gand

  • Aime le vélo, la course à pied, l’escalade, la randonnée et les voyages
  • A déjà rejoint l’Italie à vélo
  • A parcouru 2 000 km pendant la TCR, de Trondheim jusqu’en Allemagne

Qu’est-ce que la Transcontinental Race ?

Pas de voiture suiveuse, pas de postes de ravitaillement ni de chambre d’hôtel prête à vous accueillir le soir. La Transcontinental Race, ou TCR, est une course d’ultra-cyclisme en autonomie et autosuffisance à travers l’Europe. Cela signifie qu’en route, vous devez vous occuper vous-même de votre nourriture, de votre hébergement, de la navigation et des éventuels problèmes liés à votre vélo.

L’inscription est réglementée. Les candidats doivent remplir un questionnaire détaillé qui évalue notamment leur expérience et leurs connaissances en matière de planification d’itinéraire. Au final, environ 400 cyclistes sont autorisés à prendre le départ.

L’itinéraire n’est pas entièrement imposé. L’organisation détermine le point de départ, la ligne d’arrivée, quatre points de contrôle et un certain nombre de tronçons obligatoires. Chaque participant est libre de choisir comment relier ces points entre eux. Pour leur TCR, Andrea et sa sœur jumelle Luisa ont tracé un itinéraire d’environ 4 800 km. Leur objectif : rouler environ 200 km par jour. Les coureurs disposaient de 20 jours pour atteindre la ligne d’arrivée à Kalamata, en Grèce. Le vainqueur, Robin Gemperle, a mis à peine 10 jours et 9 h.

La préparation a nécessité un important travail de planification d’itinéraire. Les magasins, les stations-service et leurs heures d’ouverture ont été intégrés au préalable dans le GPS de vélo. « Une station-service, c’est le paradis des ultra-cyclistes : elle fait à la fois office de petit déjeuner, de salle de bain, de restaurant et de magasin. »


Deux vélos chargés sont appuyés contre un muret près d'un lac de montagne sous un ciel couvert.

L’itinéraire TCR 2026

L’itinéraire entre les points de contrôle est libre. Chaque participant choisit comment relier le départ, les points de contrôle, les tronçons obligatoires et l’arrivée. Andrea et Luisa ont ainsi tracé leur propre itinéraire d’environ 4 800 km.

  • Départ : Trondheim, Norvège
  • Point de contrôle 1 : Flåm, Norvège
  • Point de contrôle 2 : Massif des Tatras, Slovaquie
  • Point de contrôle 3 : Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
  • Point de contrôle 4 : Leskovik, Albanie
  • Arrivée : Kalamata, Grèce

Une ultra-course comme cadeau d’anniversaire

L’idée un peu folle de participer à cette course n’est pas totalement sortie de nulle part. Andrea et sa sœur jumelle Luisa suivaient déjà la TCR en ligne depuis des années. L’année dernière, lors du coup d’envoi de la course le 27 juillet, qui se trouvait être le jour de leur anniversaire, elles ont eu envie d’y prendre part. Pourquoi ne pas fêter leurs trente ans ensemble à vélo ?

Dès que Trondheim a été annoncée comme ville de départ, Andrea a été totalement conquise. « Peu importait notre destination, du moment que la Norvège ou la Suède faisait partie du parcours. » Andrea avait déjà plusieurs voyages en bikepacking à son actif, notamment en Italie, mais une telle course constituait un nouveau défi.


Une cycliste en bleu précède une cycliste en rouge sur une route forestière bordée de neige.

Pas d’arche de départ, mais des frissons

Andrea et Luisa ont mis 4 jours, en train, en bateau et en bus, pour rejoindre Trondheim. Au fil du trajet, les vélos devenaient de plus en plus nombreux. « On repérait tout de suite qui se rendait aussi à la TCR. La conversation s’engageait alors naturellement et un groupe se formait de lui-même. »

Le grand moment est arrivé un dimanche soir à 20 h. Pas de présentateur tonitruant, pas de musique, pas d’arche de départ. Simplement une place remplie de cyclistes prêts à s’élancer dans leur course à travers l’Europe. « J’attendais ce moment depuis des mois et, tout à coup, nous y étions. J’en avais la chair de poule ! »


La Norvège, belle à en pleurer

La difficulté s’est fait sentir dès le départ. L’étape en direction du premier point de contrôle à Flåm comportait d’emblée près de 700 km et quelque 7 000 m de dénivelé. Mais les paysages norvégiens ont largement compensé nos efforts. « Par moments, on se serait cru sur la Lune : il n’y avait presque pas d’arbres, juste de l’herbe et des plaines à perte de vue. Puis on tournait la tête et, soudain, un immense glacier apparaissait. »

Lors d’une des premières ascensions, la route serpentait entre les montagnes. Des moutons se promenaient en toute liberté sur la chaussée. Andrea a regardé autour d’elle et a senti les larmes monter. « J’étais tellement reconnaissante de pouvoir vivre cette aventure. Ce paysage, ces moutons… Quand la nature réussit à me faire pleurer, c’est que je suis heureuse. »


Deux cyclistes roulent sur un chemin de gravier le long d'une paroi rocheuse, face à un lac de montagne.

Dormir comme on peut

Lors d’une course de bikepacking, tout tourne autour de la route, de la recherche de nourriture et d’un endroit où dormir. Et ce dernier point s’est parfois révélé être une aventure en soi. Un soir, Andrea et Luisa ne trouvaient nulle part où s’abriter du vent. Alors qu’elles envisageaient sérieusement de s’installer à côté d’une cabine électrique, elles ont rencontré un couple qui rénovait un B&B. Il n’y avait pas encore de chambre, mais une camionnette remplie de meubles. « Ce couple a sorti les meubles pour que nous puissions dormir sur le sol de leur camionnette. De là, nous avons appelé nos parents en FaceTime : "Tout va bien. Cette nuit, on dort dans la camionnette de personnes qu’on vient juste de rencontrer." »

En Suède aussi, un parfait inconnu leur est venu en aide lorsqu’une tempête se déchaînait. Un gardien de nuit les a laissées entrer pour boire un café et aller aux toilettes, et les a autorisées à dormir sous l’auvent. « C’est ce que je retiens des ultra-cyclistes expérimentés : leur calme. En cas d’imprévu, ils se demandent simplement : OK, comment on règle ça ? »


Le saviez-vous ? Chaque participant est équipé d’un traceur

Les supporters peuvent ainsi suivre la course en direct depuis chez eux via les célèbres dots : des petits points qui se déplacent sur la carte.


Zucchero et mal de fesses

Pendant leur préparation, les deux sœurs avaient créé une playlist commune. Lors d’une montée, Luisa chantait à tue-tête avec son casque sur les oreilles, sans remarquer qu’un autre participant roulait derrière elle depuis un moment. Arrivé en haut, il est venu rouler à son niveau : « Please keep on singing, because I don’t have music with me. »

De son côté, Andrea carburait aux chansons italiennes de Paolo Conte et Zucchero. Quand son énergie remontait, Luisa le remarquait tout de suite : Andrea la dépassait alors à vélo en chantant.

En revanche, les douleurs dues à la selle ont été pour le moins désagréables. « Les ampoules, je les ai vraiment senties passer. » À un moment donné, Andrea s’est même retrouvée avec un pansement anti-ampoules à un endroit plutôt inattendu. « Eh oui, ça aussi, c’est l’autonomie. » Conseil d’Andrea : appliquez régulièrement une crème anti-frottement ou de la crème Chamois en cours de route afin de limiter au maximum les irritations.


« J’ai été surprise de voir à quel point le corps suivait facilement, contrairement au mental. »

Une cycliste tient son vélo sur un chemin de gravier près d'un panneau indiquant Flåm Zipline.

Quand les jambes suivent, mais pas la tête

Sur le plan physique, la course a surpris Andrea de manière plutôt positive. « J’ai été surprise de voir à quel point le corps suivait facilement, contrairement au mental. Luisa et moi avons senti que nous pouvions tenir le coup physiquement. »

Mais les nuits courtes s’accumulaient et même les décisions les plus simples devenaient difficiles à prendre. Continuer encore une cinquantaine de kilomètres ou s’arrêter ? Où manger ? Où passer la nuit ? Les longs tronçons sans aucune habitation rendaient Andrea particulièrement nerveuse. « Pendant la préparation, nous nous étions surtout concentrées sur les kilomètres. Une fois sur la route, nous avons compris à quel point il était important de savoir où l’on allait finir la journée. »


Le silence devant l’Aldi

Le point de rupture s’est produit en Allemagne. Il faisait chaud et Andrea roulait de plus en plus lentement depuis des dizaines de kilomètres. Elles se sont arrêtées devant un Aldi. Pendant que Luisa faisait les courses, Andrea s’est assise à l’entrée. « Le silence en disait long : c’était fini. »

Lorsqu’elle a fini par dire « je n’en peux plus », elle a fondu en larmes. Elles sont pourtant remontées en selle, car leur hôtel se trouvait encore à 70 km. À 30 km de l’hôtel, Luisa a dit tout haut ce qu’Andrea n’arrivait pas encore à formuler : « On peut s’arrêter là. » 

« Ces 30 derniers kilomètres ont été les plus longs de toute la course. Dès que la tête dit "c’est fini", le corps semble lui aussi abandonner. » Peu après, le compteur a atteint les 2 000 km.

Chez Andrea, la déception est encore bien présente. « Pour moi, 2 000 km, ce n’est pas assez. Je reste sur ma faim. » Et pourtant, quand elle repense à ce périple, ce ne sont pas seulement les kilomètres manqués qui lui restent en mémoire. Elle se souvient aussi des moutons norvégiens, des chansons un peu kitsch chantées à tue-tête, des nuits inattendues et des rencontres chaleureuses. Une chose est sûre : Andrea est loin d’en avoir fini avec le vélo. « Ne vous dites pas : elles sont folles, jamais je n’y arriverais. Si vous en avez vraiment envie, essayez. Vous ne saurez jusqu’où vous pouvez aller qu’en osant. »


Une cycliste avec un casque rouge admire un paysage montagneux aux sommets enneigés.

Que contenaient les sacoches de vélo d’Andrea pour la Transcontinental Race ?

Les sacoches de vélo d’Andrea ne contenaient rien de bien luxueux. Son choix s’est porté sur du matériel compact, léger et pratique pour la route. « En ultra-distance, chaque gramme compte. »

  • Un drap de sac : « Une alternative compacte au sac de couchage lors des nuits plus chaudes, éventuellement combinée à une doudoune quand il faisait plus froid. »
  • Un sac de bivouac : « Il protégeait mon matelas de couchage du sol et offrait une protection supplémentaire contre le vent. »
  • Un filtre à eau : « Cela nous permettait aussi de nous approvisionner en eau potable sur les longs tronçons sans magasins. »
  • Une veste imperméable : « Légère, compacte et suffisamment coupe-vent pour m’aider à affronter le temps maussade suédois. »
  • Un bon éclairage de vélo : « Indispensable pendant les nombreuses heures où nous avons roulé dans la nuit. »
  • Un casque : « La musique me boostait quand que je pédalais, mais grâce à leur conception à oreilles ouvertes, je continuais à entendre la circulation. »


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