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Mal des montagnes : comment le reconnaître, le prévenir et le traiter ?

Modifié mar. 28 avr.
De l’Himalaya au Pérou, le mal des montagnes peut survenir n’importe où. Comment le prévenir et y remédier ? Conseils de l’expert Patrick Soentjens.

Qui est Patrick Soentjens ?

•    Né en 1972

•    Chef de clinique de la polyclinique de l’Institut de Médecine Tropicale à Anvers

•    Aime la course à pied, la randonnée, le cyclisme et voyager



Qu’est-ce que le mal des montagnes et comment se manifeste-t-il ?

« Le mal des montagnes survient lorsque votre corps ne reçoit pas suffisamment d’oxygène en haute altitude », explique Patrick Soentjens. « Cela n’est pas lié à votre condition physique, mais à la baisse de la pression atmosphérique, car vous absorbez moins d’oxygène qu’en temps normal. Votre corps peut s’y adapter, mais cela nécessite du temps. Si vous ne prenez pas ce temps-là, vous risquez de ressentir des symptômes. Les personnes sensibles peuvent en présenter dès 2 500 m d’altitude. Et des problèmes plus graves apparaissent au-delà de 3 000 m. »


Qui est le plus exposé au mal des montagnes ?

« Tout le monde ne réagit pas de la même manière face à l’altitude. Certains continuent à marcher sans problème, tandis que d’autres ont déjà la tête qui tourne avant même que le premier sommet ne soit en vue. Le risque augmente surtout si l’on grimpe trop rapidement, sans laisser au corps le temps de s’acclimater. De même, ceux qui ont déjà eu le mal des montagnes ont davantage de chances de présenter à nouveau des symptômes à l’avenir. »

« Par ailleurs, la sensibilité individuelle joue un rôle. Les touristes qui ont un programme très chargé et les alpinistes inexpérimentés sont particulièrement vulnérables : ils montent souvent rapidement, prévoient peu de temps de repos et veulent surtout continuer à avancer, alors que l’altitude exige justement de prendre son temps. Parallèlement, le mal des montagnes peut tout aussi bien frapper une personne sportive et expérimentée. »


© Julie Denisse


« Si quelqu’un n’arrive plus à marcher en ligne droite, c’est qu’il souffre d’un mal aigu des montagnes. »

Prof. dr. Patrick Soentjens


Les symptômes du mal des montagnes : aigus ou graves

« Il est important de savoir qu’il existe 2 types de mal des montagnes. Les symptômes de ces deux types sont différents. Les personnes qui souffrent d’un mal des montagnes aigu peuvent ressentir des maux de tête, avoir des nausées, être fatiguées, être prises de vertiges et avoir une perte d’appétit. Ces symptômes peuvent s’aggraver avec le temps et conduire à un mal des montagnes grave, accompagné de problèmes respiratoires, d’un état de confusion et même à un œdème pulmonaire et cérébral. De même, si une personne titube comme si elle avait trop bu et ne parvient plus à marcher droit, cela indique un mal aigu des montagnes. »


Symptômes du mal aigu des montagnes

•    Maux de tête
•    Nausées ou vomissements
•    Faiblesse ou fatigue anormale
•    Vertiges


Symptômes du mal des montagnes grave

•    Maux de tête sévères qui ne disparaissent pas avec des antidouleurs
•    Vomissements qui s’intensifient
•    Troubles de la coordination
•    Confusion ou désorientation
•    Changements de comportement
•    Toux
•    Essoufflement qui ne disparaît pas avec le repos
•    Oppression thoracique


© Julie Denisse


« Planifiez votre voyage pour garder une certaine flexibilité et avoir la possibilité de grimper lentement. »

Prof. dr. Patrick Soentjens


Prévenir le mal des montagnes : 7 conseils pour une ascension sûre

•    « Établissez un programme flexible. Planifiez votre voyage pour garder une certaine flexibilité et pouvoir vous reposer quelques jours en cas de problèmes. »
•    « Prenez le temps de vous acclimater. Habituez-vous progressivement à l’altitude en montant lentement. »

•    « Passez d’abord au moins deux nuits à une altitude modérée, inférieure à 2 500 m. De même, si vous atterrissez directement à un aéroport situé en altitude, passez la nuit dans une zone plus basse après votre arrivée. » 

•    « Si vous dormez à plus de 3 000 m, la différence d’altitude ne peut jamais être supérieure à 500 m par rapport à la nuit précédente. Si vous ne pouvez pas l’éviter, dormez d’abord deux nuits à la même altitude. »

•    « Buvez beaucoup d’eau et évitez l’alcool. »
•    « Reposez-vous suffisamment. Ne faites pas d’efforts intenses les premiers jours en altitude. »

•    « Emportez de l’acétazolamide. Ce médicament favorise l’acclimatation et peut être pris pour prévenir ou traiter le mal des montagnes. »


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Traiter le mal des montagnes

« Si vous souffrez du mal des montagnes, il est important d’agir rapidement », ajoute Soentjens. « Si vous présentez des symptômes aigus, il suffit souvent de vous reposer et de boire beaucoup d’eau pour les soulager. Attendez que les symptômes aient disparu avant de poursuivre l’ascension ou descendez de 500 m pour la nuit. Si votre état ne s’améliore pas, continuez de descendre. L’acétazolamide favorise l’acclimatation.Un antidouleur ou un antivomitif peut réduire les symptômes, mais n’améliorera pas l’acclimatation. Le mal des montagnes léger se guérit généralement en quelques jours, à condition de ne pas poursuivre l’ascension. »

« En cas de symptômes graves, il est nécessaire de redescendre immédiatement à une altitude moins élevée. Descendre à 2 500 m ou plus bas peut vous sauver la vie. Consultez un médecin si nécessaire. En cas de mal aigu des montagnes, le cerveau et les poumons gonflent en raison de l’accumulation de liquide. Votre boîte crânienne ne peut supporter qu’une certaine pression : vous risquez dès lors de mourir si vous ne descendez pas rapidement plus bas. Prenez les symptômes au sérieux, même si cela signifie que vous devez interrompre votre voyage ou ne pas atteindre le sommet. »


« Prenez les symptômes au sérieux, même si cela signifie que vous devez interrompre votre voyage ou ne pas atteindre le sommet. »

Prof. dr. Patrick Soentjens


Le saviez-vous ?

Wanda, un site de l’Institut de Médecine Tropicale à Anvers, fournit toutes les informations nécessaires pour votre santé en voyage. Le nom Wanda vient du mot Wanderlust qui signifie « désir de voyager » en allemand.


© Flore Van Genechten


Le mal des montagnes chez les enfants

Les enfants aussi peuvent souffrir du mal des montagnes, explique Soentjens : « Chez eux, les symptômes sont plus difficiles à reconnaître et à évaluer. En effet, il convient de redoubler de prudence, car ils sont moins en mesure d’indiquer leurs limites. L’irritabilité, l’agitation, la perte d’appétit et d’intérêt pour les jeux, les troubles du sommeil ou les vomissements sont autant de signes du mal des montagnes. Si votre enfant se sent mal au-dessus de 2 500 m d’altitude, redescendez immédiatement ! »

Soentjens recommande d’éviter l’altitude avec les enfants en raison de la pression intracrânienne. « Avec des enfants de moins de 2 ans, mieux vaut éviter de passer la nuit au-dessus de 2 000 m d’altitude. S’ils ont moins de 10 ans, abstenez-vous d’aller au-dessus de 3 000 m d’altitude. Si c’est impossible, respectez la règle d’or suivante : adaptez le rythme du voyage afin que le corps de votre enfant puisse s’habituer progressivement à l’altitude. Si vous voulez par exemple vous rendre à La Paz en Bolivie, prenez le bus ou la voiture, car la transition vers les hauteurs se fait plus lentement qu’en avion. »


Quand survient le mal des montagnes ?

« Les symptômes graves apparaissent au-dessus de 3 000 m d’altitude, où que vous soyez dans le monde. Au Pérou, les touristes sont par exemple régulièrement victimes du mal des montagnes. Ils gravissent une montagne de près de 6 000 m en un ou deux jours : c’est beaucoup trop rapide pour le corps ! Mais les agences de voyages et vacanciers établissent ce programme pour des raisons économiques. »

« Le mal des montagnes est moins fréquent dans les Alpes, car les sommets sont moins hauts. On observe également assez peu de cas dans l’Himalaya, car les personnes qui escaladent l’Everest en sont rarement à leur coup d’essai : ce n’est généralement pas la première montagne qu’elles gravissent. En outre, l’Everest nécessite une acclimatation beaucoup plus intense. Le voyage est long et l’ascension est généralement très progressive. »



« Pourquoi les personnes présentant de graves symptômes poursuivent-elles quand même l’ascension ? Parce qu’un tel voyage coûte très cher. »

Prof. dr. Patrick Soentjens


« Le mal des montagnes survient fréquemment lors de l’ascension du Kilimandjaro, en Tanzanie. Nous y avons mené une étude auprès d’environ 1 200 randonneurs, et avons constaté de nombreux cas de mal des montagnes grave. Nous sommes également convaincus que chaque année, des personnes succombent au mal des montagnes lors de cette ascension, que ce soit en raison d’une mauvaise préparation ou d’une prise en charge erronée des symptômes. Ainsi, 8,6 % des personnes interrogées présentaient des symptômes. Parmi elles, 73 % ont poursuivi l’ascension malgré des symptômes aigus, et 57 % malgré des symptômes graves, alors que prendre du repos ou redescendre aurait été nécessaire. »

« Pourquoi ces randonneurs poursuivent-ils malgré tout ? Parce que c’est un projet coûteux. Ils veulent donc avancer. C’est pourquoi ils montent souvent trop vite et développent des symptômes. Il est donc primordial de faire preuve de flexibilité dans son programme, afin de laisser du temps pour le repos et l’acclimatation. J’ai bien conscience que les randonneurs veulent atteindre le sommet, mais le mal des montagnes peut leur coûter la vie. J’aimerais moi aussi gravir cette montagne un jour, mais en adaptant mon rythme. »


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